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Par canton19 mars 20267 min de lectureZürich

Rénover un appartement des années 1960 à Zurich : par où commencer ?

Intérieur d'appartement des années 1960 rénové à Zurich

Une grande partie du parc résidentiel zurichois construit entre 1955 et 1970 partage les mêmes caractéristiques : hauteur sous plafond généreuse, cloisons non porteuses faciles à repenser, mais installations électriques et sanitaires arrivées en fin de vie. Voici ce qui distingue concrètement ce type de projet.

Ce qui joue en votre faveur

Contrairement aux immeubles plus anciens (avant 1920), la structure de ces bâtiments est en général en béton armé avec des cloisons intérieures non porteuses. Cela laisse une réelle liberté pour repenser la distribution des pièces — un mur peut souvent être déplacé ou supprimé sans reprise structurelle lourde, à confirmer avec un ingénieur civil.

Murs non porteurs : une confirmation écrite reste indispensable

« Non porteur » n'est jamais une évidence visuelle — c'est une donnée qui se vérifie sur les plans d'origine ou par un ingénieur civil, et qui engage sa responsabilité si elle s'avère fausse. Les normes SIA 260 à 269 encadrent le dimensionnement des structures existantes et s'appliquent sans exception aux immeubles des années 1960, y compris pour la résistance parasismique. La suppression de cloisons intérieures entre pièces d'un même logement peut être exemptée de permis de construire selon le règlement cantonal, mais dès qu'un mur touche potentiellement au gros œuvre, à la protection incendie ou aux intérêts de tiers — voisins, copropriété — une demande de permis devient obligatoire à Zurich.

Le contrat passé avec l'entreprise ou l'ingénieur relève en général de la norme SIA 118, qui fixe notamment les délais de garantie applicables une fois les travaux réceptionnés : deux ans pour les défauts apparents, cinq ans pour les défauts cachés. Cette norme ne s'applique pas automatiquement — elle doit être explicitement intégrée au contrat pour faire foi en cas de litige, un point à vérifier avant de signer plutôt qu'après un désaccord.

Ce qu'il faut vérifier avant tout

01Tableau électrique & câblage

Rarement aux normes actuelles, à prévoir systématiquement dans le budget.

02Colonnes de chute & alimentation d'eau

En fin de vie technique dans la plupart des immeubles non rénovés depuis leur construction.

03Présence d'amiante

Colles de sol et flocages de l'époque en contenaient couramment — diagnostic avant travaux obligatoire.

04Isolation des façades

Peu isolées selon les standards actuels, ce qui influence le confort thermique autant que les charges.

Un diagnostic technique avant travaux évite la plupart des mauvaises surprises listées ci-dessus. Comparer des architectes dans votre canton

Le budget d'un appartement des années 60 se joue rarement sur ce qu'on voit — il se joue sur ce qu'on découvre en ouvrant les murs.

C'est pour cette raison qu'un diagnostic technique en amont — avant même de finaliser le plan d'aménagement — change réellement l'issue du projet. Il permet de budgéter la mise aux normes dès le départ plutôt que de la découvrir en cours de chantier.

Le chauffage : le poste que beaucoup sous-estiment

Une bonne partie des immeubles construits entre 1955 et 1970 à Zurich fonctionnent encore avec une chaudière à mazout ou à gaz installée à la construction ou remplacée une seule fois depuis. Depuis l'entrée en vigueur de la loi cantonale sur l'énergie (Energiegesetz) le 1er septembre 2022 — acceptée en votation populaire le 28 novembre 2021 par environ 62% des Zurichois·es — tout remplacement d'un générateur de chaleur doit recourir aux énergies renouvelables dès lors que c'est techniquement possible et que le surcoût sur le cycle de vie ne dépasse pas 5% par rapport à un remplacement fossile équivalent. En pratique, une chaudière à mazout ou à gaz en fin de vie n'est donc plus remplacée à l'identique dans la grande majorité des cas : la pompe à chaleur ou le raccordement à un chauffage à distance deviennent la norme.

Dans un immeuble en copropriété (PPE), ce changement se décide et se finance collectivement, pas à l'échelle d'un seul appartement — un point à clarifier avec l'administration de la PPE avant de bâtir un budget individuel. Pour une maison individuelle ou un petit immeuble dont vous êtes seul propriétaire, comptez de l'ordre de CHF 25'000 à 35'000 pour une pompe à chaleur air-eau installée, contre environ CHF 25'000 pour un remplacement à l'identique par une chaudière à gaz — une option que la loi cantonale rend de toute façon difficile à justifier aujourd'hui.

Les aides cantonales pour la rénovation énergétique

Le Gebäudeprogramme — programme Bâtiments financé conjointement par les cantons et la taxe fédérale sur le CO2 — subventionne le remplacement d'un chauffage fossile et l'amélioration de l'isolation. Pour 2026, le canton de Zurich reconduit ses montants 2025 sans changement : une pompe à chaleur air-eau donne droit à CHF 4'000 plus CHF 60 par kW thermique installé, une pompe à chaleur sur sonde géothermique à CHF 8'000 plus CHF 180 par kW, et un supplément de CHF 1'600 plus CHF 40 par kW s'ajoute si un système de distribution basse température (chauffage au sol, par exemple) est posé en même temps. Sur un projet de remplacement complet, cela peut représenter plusieurs milliers de francs de subvention directe — à demander avant le début des travaux, jamais après.

Ramenés à un appartement de taille moyenne (autour de 90 m², une dizaine de fenêtres), les principaux postes de travaux propres à ce type de bien donnent les ordres de grandeur suivants — hors mise aux normes électriques et sanitaires déjà mentionnées plus haut, et hors part de rénovation lourde de l'enveloppe qui, dans un immeuble en PPE, relève généralement d'une décision collective.

Ordres de grandeur — appartement type des années 1960 à Zurich

Diagnostic amiante avant travaux
6003'000 CHF
Remplacement des fenêtres (appartement complet)
5'00012'000 CHF
Rénovation du parquet existant (ponçage + vitrification)
3'1504'950 CHF
Remplacement du chauffage par une pompe à chaleur
25'00035'000 CHF

Ces montants varient fortement selon l'état réel de votre immeuble et son historique d'entretien — un chiffrage fiable suppose de connaître son type de chauffage actuel et la date des dernières rénovations. Comparer des architectes dans votre canton

Fenêtres, sols et finitions : ce qui se remplace, ce qui se restaure

Le remplacement d'une fenêtre à triple vitrage, pose comprise, coûte entre CHF 500 et 1'200 selon le matériau — comptez le haut de la fourchette pour du bois ou du bois-aluminium. Pour le parquet, la question mérite d'être posée avant de trancher : si le parquet chêne d'origine, fréquent dans ces immeubles, est encore en bon état structurel, le poncer et le vitrifier coûte entre CHF 35 et 55 le m², contre CHF 80 à 240 le m² pour du parquet neuf posé — soit 3 à 4 fois moins cher, pour un résultat souvent plus cohérent avec le bâti d'origine qu'un remplacement complet.

Si l'appartement est loué : ce que permet le droit du bail

Beaucoup de ces immeubles zurichois sont encore loués au moment où leur propriétaire envisage des travaux. L'article 260 du Code des obligations autorise le bailleur à rénover ou modifier l'objet loué pendant la durée du bail, à condition que les travaux puissent raisonnablement être imposés au locataire — ce qui exclut une rénovation lourde touchant en profondeur la structure, l'électricité et les sanitaires d'un logement occupé. Dans ce cas, la plupart des propriétaires attendent un changement de locataire ou négocient un départ plutôt que de mener le chantier logement occupé.

  • Le bailleur doit informer le locataire à l'avance de la nature, de la durée et des nuisances prévisibles des travaux (art. 260 CO)
  • Le locataire doit tolérer les travaux d'entretien ou de rénovation nécessaires, à condition qu'ils soient annoncés à temps et exécutés avec égards
  • Une réduction de loyer est due si l'usage du logement est significativement entravé pendant le chantier
  • Des travaux de rafraîchissement ne peuvent pas être imposés à un locataire dont le bail a déjà été résilié et qui ne bénéficiera pas des travaux

Un calendrier réaliste, du diagnostic à la réception des travaux

Entre la décision de rénover et la réception du chantier, un projet de cette ampleur suit rarement moins de six mois — et davantage dès que la structure ou la façade sont concernées. Voici les grandes étapes, dans l'ordre où elles se présentent réellement sur le terrain.

  • Diagnostic technique et amiante : 2 à 4 semaines, avant tout engagement sur les plans
  • Avant-projet, devis et choix des entreprises : 4 à 8 semaines selon la complexité du programme
  • Procédure de permis à Zurich : environ 2 mois en procédure d'annonce pour les interventions simples, 3 mois en procédure ordinaire accélérée, jusqu'à 5 mois en procédure ordinaire longue pour les transformations complexes touchant la structure ou l'enveloppe
  • Exécution des travaux : 3 à 6 mois pour une rénovation complète d'appartement, hors imprévus découverts en ouvrant les murs

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Questions fréquentes

Pas systématiquement : la suppression de cloisons non porteuses entre pièces d'un même logement peut être exemptée de permis selon le règlement cantonal sur les constructions. Dès que la structure porteuse, la protection incendie, l'affectation des locaux ou les intérêts de tiers — copropriété, voisins — sont concernés, une demande de permis devient obligatoire. Dans tous les cas, faites confirmer par écrit par un ingénieur civil qu'un mur est réellement non porteur avant de le toucher.

Non — la loi cantonale sur l'énergie, en vigueur depuis le 1er septembre 2022, s'applique au moment du remplacement du générateur de chaleur, pas avant. Tant que votre chaudière fonctionne, vous n'êtes pas obligé de la changer. Mais lorsqu'elle arrive en fin de vie, la loi impose de recourir aux énergies renouvelables sauf exception technique ou de coût, ce qui écarte de fait un remplacement à l'identique par une nouvelle chaudière fossile dans la plupart des cas.

Comptez entre CHF 600 et 1'200 pour un diagnostic ciblé sur une cuisine ou une salle de bains, et jusqu'à CHF 2'000 à 3'000 pour une analyse complète d'un appartement de 4 à 5 pièces. Ce diagnostic est obligatoire dès que les travaux touchent un bâtiment construit avant 1991, ce qui concerne la quasi-totalité du parc résidentiel zurichois des années 1960.

Vous pouvez engager des travaux pendant la durée du bail s'ils peuvent raisonnablement être imposés au locataire (art. 260 CO), mais vous devez l'informer à l'avance de leur nature, de leur durée et des nuisances attendues, et il a droit à une réduction de loyer si l'usage du logement est entravé. Pour une rénovation lourde touchant structure, électricité et sanitaires en profondeur, la plupart des propriétaires attendent malgré tout un changement de locataire, car l'ampleur des travaux dépasse souvent ce qui reste raisonnable à imposer à un locataire en place.

Oui, le remplacement d'un chauffage fossile par une pompe à chaleur est subventionné indépendamment d'autres travaux dans le cadre du Gebäudeprogramme cantonal : comptez CHF 4'000 plus CHF 60 par kW thermique pour une pompe à chaleur air-eau, ou CHF 8'000 plus CHF 180 par kW pour une solution sur sonde géothermique. La demande doit être déposée avant le début des travaux — une fois le chantier commencé, la subvention n'est plus accessible.